Suivent quelques questions fréquemment posées par ceux qui se blessent ou leur proches, et leurs réponses.
Questions de ceux qui se blessent
Je me fais mal volontairement, suis-je masochiste ?
Non, le fait de se faire mal n'implique pas qu'on y prend du plaisir. On peut se blesser ou chercher la douleur pour de nombreuses raisons, sans pour autant apprécier. Certaines personnes qui pratiquent l'automutilation cherchent même à éviter la douleur pendant l'acte.
Je m'automutile, dois-je le dire à mes parents ?
C'est bien de ne pas garder ça pour soi et d'avoir une aide. Et d'instaurer une confiance réciproque en ne les tenant pas trop éloignés de ce qu'on vit. Mais il faut aussi faire attention à la réaction que peut entraîner une telle révélation. Toujours garder à l'esprit que c'est difficile pour tout le monde. Bien sûr que c'est dur à dire et que la personne qui se blesse est celle qui a le plus besoin d'aide, mais ce n'est pas évident à entendre non plus pour des parents. Aussi, donner le plus possible d'informations et rassurer, être à l'écoute pour toutes les questions et les doutes qu'ils peuvent ressentir, autant que possible, est essentiel.
Questions de proches
Je connais quelqu'un qui s'automutile. Comment l'aider ?[/strike]
C'est loin d'être facile. Etre disponible et à l'écoute. Prévenir qu'on sait, et proposer de l'aide, sans insister, mais de manière suivie. Laisser la possibilité de changer d'avis si la personne ne souhaite pas ce genre de rapports au début. Etre à l'écoute, et proposer l'aide d'un professionnel. Surtout, ne pas juger, reprocher, punir ou tenter d'empêcher.
Quelles limites ne faut il pas dépasser pour aider quelqu'un qui s'automutile ?
lNe jamais forcer. Essayer de comprendre es attentes de la personne sans la brusquer.
, Ne pas obliger à montrer ses blessures d'abord parce que ça n'arrangera pas le problème. Si c'est vraiment important de savoir, autant le demander, c'est bien plus respectueux et bénéfique. Ensuite parce que c'est déjà dur pour la personne concernée de voir les réactions et de vivre avec ses propres blessures, et c'est quelque chose d'assez personnel.
Chercher à vérifier si la personne continue, et donc a de nouvelles blessures, n'encourage pas à arrêter. Au contraire, cela provoque souvent le besoin de mieux cacher l'automutilation.
Ne pas faire de chantage à l'hospitalisation ou autre. Ce n'est pas facile d'arrêter, et même avec beaucoup de volonté, il faut souvent du temps et de l'aide.
Quand on veut, on peut.
Deux problèmes face à cette croyance commune : déjà, pour ceux qui souffrent de dépression, la volonté est anihilée par la maladie. Et encore faut il croire qu'il est possible d'aller mieux. Et puis, si le "mieux" proposé est simplement d'arrêter l'automutilation, ça ne peut pas suffire. L'automutilation a un but, on ne se blesse pas juste "comme ça" sans raison. Empêcher l'acte sans le comprendre, ou y trouver un substitut, ça ne mène souvent à rien.
Ensuite, rien ne se fait instantanément. Vouloir s'en sortir ce n'est déjà pas en avoir la capacité à cet instant même, et il faut bien souvent du temps. Des jours, des semaines, des mois... On ne peut pas juger quelqu'un qui continue à se faire mal, alors qu'il peut faire des efforts, chercher la cause, se blesser moins souvent, etc.
S'il a des cicatrices, il l'a bien cherché. C'est ce qu'il voulait, non ?Non, certaines personnes recherchent la cicatrice, ou plus souvent finissent par l'apprécier comme une preuve de ce par quoi il sont passé, un souvenir. D'autres ne supportent pas leur présence. Les cicatrices sont généralement juste une conséquence non souhaitée. Ressentir le besoin de se faire mal, ce n'est pas vouloir être marqué à vie.
Il fait ca pour pour se faire remarquer.
Peut-être. C'est assez peu fréquent, mais ça arrive. Ce n'en est pas moins préoccuppant, en arriver là pour attirer l'attention, ce n'est pas anodin quand-même. Même si c'est pour être inclu dans un groupe, se blesser est un acte suffisament grave pour être pris au sérieux.
Se faire faire un tatouage/un piercing, c'est de l'automutilation.
Non. D'abord, c'est fait par une autre personne, et puis ça joue souvent un rôle décoratif ou social. Ca peut tout à fait être un acte destructeur et sérieux, mais ce n'est pas de l'automutilation.
Ca ne fait pas mal ?
Il n'y a pas de réponse générique. Certains ne ressentent rien, couramment dans les cas de dissociations, alors que d'autres ont plus ou moins mal.
Pourquoi certaines personnes s'automutilent-elles?
Les experts décrivent l'automutilation délibérée comme une méthode de résolution de problèmes inefficace. Les personnes qui s'automutilent recherchent souvent
un soulagement à leurs douleurs psychologiques, aux tensions insoutenables qu'elles vivent, à la solitude, à la dépression, à la colère, à une absence
de sentiment ou à l'engourdissement. Certaines personnes se blessent elles-mêmes pour vivre des émotions plus intensément. D'autres le font pour se punir
d'être « de mauvaises personnes ». Elles sont soit incapables d'exprimer leurs sentiments plus efficacement ou n'ont pas appris à le faire.
Les comportements d'automutilation apparaissent généralement au moment de la puberté ou à l'adolescence. Ils peuvent être présents pendant une période pouvant
atteindre jusqu'à dix ans mais, s'ils ne sont pas traités, ils peuvent persister. Les épisodes d'automutilation sont habituellement des réponses à un «
déclencheur » comme un sentiment de rejet perçu ou toute autre douleur émotionnelle. Le fait de s'infliger des coupures peut prendre de l'ampleur. On constate
de plus en plus que les adolescents discutent des coupures qu'ils s'infligent sur Internet et qu'ils forment des clubs de coupures à l'école.
Il n'existe pas un seul type ni un seul profil pour décrire les personnes qui s'automutilent. Selon les recherches effectuées, la plupart d'entre elles
sont issues de la classe moyenne ou supérieure, ont une intelligence moyenne ou supérieure et une faible estime d'elles-mêmes. 40 % d'entre elles ont déjà
connu des troubles alimentaires. Près de la moitié ont signalé avoir été victimes d'agressions physiques ou sexuelles durant leur enfance. La plupart disent
qu'elles ont de la difficulté à exprimer leurs émotions, particulièrement la colère et la tristesse.
En s'infligeant des blessures physiques, les personnes qui s'automutilent disent se sentir soulagés des sentiments qui les accablent. Elles ressentent la
douleur à l'extérieur et non à l'intérieur.